Auteur(s) : Pr Loïc VAILLANT
Service(s) : Dermatologie, Hôpital TROUSSEAU CHRU TOURS
Les exanthèmes maculo-papuleux sont des éruptions fréquentes. Ils doivent être différenciés par leur sémiologie des urticaires (fugaces et mobiles), des érythèmes polymorphes (avec leurs lésions en cocardes), du syndrome de Stevens-Johnson (lésions bulleuses et atteinte muqueuse).
Les causes des exanthèmes maculo-papuleux sont infectieuses (surtout virales) et médicamenteuses. Le prurit et labsence de signes infectieux (en dehors de la fièvre) sont les meilleurs arguments pour la toxidermie ; lhyperéosinophilie est un bon argument biologique mais rare et souvent retardé. Aucun test biologique nest utile au diagnostic : leur sensibilité et leur spécificité est trop faible pour avoir une bonne valeur diagnostique.
En revanche les tests cutanés in vivo ont montré leur pertinence. Il sagit de test spécifique fiable mais dont la sensibilité est faible. Ils permettent donc daugmenter limputabilité dun médicament (cest à dire la probabilité de leur responsabilité). Leur absence de sensibilité fait quun test cutané in vivo négatif ne veut rien dire (tout est possible) et seule la positivité du test a un intérêt diagnostique. La technique de ces tests est identique à celle des tests dans leczéma de contact : patch tests laissés en place 48h sous occlusifs et donnant en cas de positivité une papule érythémateuse. Néanmoins ces tests sinsèrent dans une démarche diagnostique globale. Il faut 1) reconnaître le type sémiologique de léruption, 2) éliminer une cause infectieuse, 3) déterminer la chronologie de la prise de médicaments. Le délai dapparition de la toxidermie érythémateuse est le principal critère permettant de reconnaître le médicament responsable. Pour les toxidermies érythémateuses le délai évocateur est de 5 à 15 jours.
Les test cutanés ont surtout pour intérêt de reconnaître le médicament responsable lorsque plusieurs médicaments ont des chronologies identiques, ou bien lorsquil est difficile de savoir si la cause est infectieuse ou médicamenteuse. Le risque de ces tests est la récidive de léruption ; la valeur diagnostique est forte mais la gêne est importante quoique peu grave. Ces récidives sont rares.
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