Auteur(s) : P. OBYRNE
Service : Institut Médico-légal de Tours - tél : 02 47 47 75 55
Hôpital : Trousseau, CHU Tours
Il existe un certain glissement dans le constat de la mort par le médecin. Il ne va pas constater la mort mais signer le certificat de décès.
Il oublie donc deux objectifs essentiels :
- faire le diagnostic de mort réelle et constante, ce qui nest pas toujours aussi facile que lon pense,
- déterminer sil y a un obstacle médico-légal à linhumation.
Dans ces deux perspectives, il est impératif dexaminer complètement un défunt, entièrement déshabillé. Cela peut être dautant plus nécessaire que le corps est présenté habillé, mains jointes, un objet de culte entre les doigts...
1°) Le médecin doit donc sassurer que la mort est réelle et constante.
La mort réelle, ce sont les signes négatifs de la vie : absence de pouls, de respiration et arrêt de toute sensibilité et mobilité. Mais cela ne garantit en rien la constance de la mort.
La mort constante, ce sont les signes positifs de la mort : refroidissement, rigidités, lividités, déshydratation et putréfaction. Ce sont les seuls signes cliniques de certitude.
Nous savons tous que la réanimation permet parfois la récupération de patients en état de mort apparente. Lappréciation des circonstances de la mort est là particulièrement nécessaire. Nous rapportons une observation où le diagnostic de la mort avait été porté, le certificat de décès signé alors que la personne est aujourdhui en parfaite santé.
2°) Déterminer sil y a un obstacle médico-légal à linhumation impose aussi lexamen complet du corps à la recherche de traces suspectes. Lexamen des orifices naturels fait partie de cet examen.
Le médecin doit distinguer la mort naturelle de la mort violente (crime, suicide, accident) et de la mort suspecte. Dans ces deux derniers cas, il prononcera, lors de la rédaction du certificat de décès, lobstacle médico-légal à linhumation. Nous rapportons quelques exemples des difficultés du diagnostic de mort violente.