LES ANEMIES

Le diagnostic d'anémie est évoqué sur l'apparition d'une pâleur ou l'apparition ou l'accentuation de signes d'anoxie.


Il est affirmé en pratique par le taux d'hémoglobine à l'hémogramme.

La découverte d'une anémie doit toujours faire rechercher :

Des signes de gravité : plus que le taux d'hémoglobine on retient des signes d'intolérance clinique (cardiaque, vasculaires, neurologiques), la rapidité d'installation, des risques liés au patient (angor, artérite, HTA …)

Des signes d'atteinte d'une autre lignée hématologique :
Plaquettes : syndrome hémorragique et en particulier purpura,
Leucocytes : syndrome infectieux
Signes tumoraux : splénomégalie, hépatomégalie, adénopathies, douleurs osseuses.

Les hématies sont à partir de la naissance fabriquées dans la moelle osseuse : cette érythropoïèse demande 5 jours avant d'obtenir des réticulocytes, hématies nouvellement formées, facilement identifiable par une numération particulière et peu coûteuse. Le nombre de réticulocytes traduit la capacité de la moelle à fabriquer de nouvelles hématies.

L'érythropoïèse nécessite des substances qui lui sont propres comme le Fer ou l'EPO (Erythropoïétine) : les carences en fer ne s'accompagnent donc pas de diminution des leucocytes ou des plaquettes.
Elle a besoin aussi d'éléments nécessaires à la fabrication des leucocytes et des plaquettes comme les folates (Vit B9) et la vitamine B12 : les déficits en ces matières premières conduisent à une anémie avec atteinte des autres lignées.

La démarche du diagnostic étiologique repose prioritairement sur le Volume Globulaire Moyen des hématies (VGM) donné par le résultat de l'hémogramme. En l'absence de traitement aveugle préalable la démarche est simple et efficace :

Les anémies MICROCYTAIRES (VGM < 80 fl) traduisent un trouble du métabolisme du fer. Elles sont de trois types :

Carence martiale : tableau biologique typique du fait de la lenteur d'installation et du caractère tardif de l'anémie, fer sérique bas et ferritinémie basse, origine pratiquement toujours liée à un saignement chronique digestif ou gynécologique.

Inflammatoires : le tableau biologique est très voisin de celui de la carence martiale mais avec une ferritinémie normale ou augmentée. La VS et la numération des plaquettes sont de mauvais signes inflammatoires dans le cadre d'une anémie.

• Troubles de la synthèse de l'hème : elles sont particulières car hypersidérémiques.

Les deux examens biologiques essentiels dans l'exploration d'une anémie microcytaire sont donc les dosages dans le sang du fer et de la ferritine. Les dosages de sidérophilline (transferrine) avec coefficient de saturation n'ont d'intérêt que dans les cas difficiles qui sont rares.

Les anémies MACROCYTAIRES (VGM > 105 fl) doivent faire rechercher un déficit en vitamine anti-mégaloblastique ou une myélodysplasie après avoir éliminé quelques causes simples.

Les anémies NORMOCYTAIRES (VGM entre 80 et 105 fl) doivent être séparées en fonction de la numération des réticulocytes :

Les anémies regénératives ont des réticulocytes > 120 G/L. Elles font rechercher :
- une hémolyse : clinique (ictère, splénomégalie), biologique (fer, LDH, bilirubine, haptoglobine), étiologie : importance du frottis sanguin à la recherche d'anomalies évocatrice comme un paludisme ou des schizocytes traduisant une hémolyse mécanique. Importance aussi du test de Coombs direct permettent en urgence de révéler une AHAI (anémie hémolytique auto-immune)
- une hémorragie aiguë
- une regénération de la moelle, par exemple après chimiothérapie

Les anémies aregénératives ont des réticulocytes < 120G/L. Elles traduisent alors une production médullaire anormale et sont les seules justiciables de la pratique d'un myélogramme après avoir recherché quelques causes simples. Une biopsie ostéomédullaire sera parfois nécessaire selon les anomalies retrouvées au myélogramme, en concertation avec un spécialiste.

Au total, le diagnostic étiologique des anémies repose sur une démarche simple à partir de la clinique et de l'hémogramme, en particulier du VGM.

Vous pouvez vous évaluer sur des QCM et des QCROC sur les anémies : QCM, QROC

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Responsable de la page : C. Binet, FMC, Faculté de Médecine de Tours

Dernière mise à jour le
Mercredi 08 janvier 2003